Archives mensuelles : février 2015

Art-thérapie, le sujet et le deuil, une rencontre entre parenthèses.

Ophelia 1851-2 by Sir John Everett Millais, Bt 1829-1896
Ophelia par Sir John Everett Millais.

C’est le titre de mon mémoire de recherche.
J’ai travaillé sur l’espace d’art-thérapie pensé comme la métaphore du processus du deuil.

Pourquoi est ce que je peux penser l’espace d’art-thérapie comme la métaphore du processus du deuil ?
En situation de stage, j’ai pu constater que les résidents étaient concernés par le deuil, la vieillesse comprend de nombreux deuils à faire, les résidents pouvaient avoir à faire le deuil de leur vie de famille, de leur rôle dans le social ou même de leur mémoire…
De structure, le sujet humain est concerné par le deuil. Il est concerné par le deuil, parce que pour exister, il a dû accepter de renoncer à la complétude. Chacun vit cette expérience singulièrement et elle peut conduire à une certaine douleur d’exister.
Racamier, dans son ouvrage, le génie des origines, m’invite à penser le deuil comme accepter de perdre pour aller vers la découverte. Ainsi, le deuil originaire, inscrit un manque au cœur du sujet humain, ce manque s’éveillera dans chacune de ses relations.

Comment penser l’espace d’art-thérapie comme métaphore du processus du deuil ?
En séance d’art-thérapie éclairée par la psychanalyse, une relation se noue et se dénoue autour d’une invitation à créer un objet éphémère. L’art-thérapeute soutiendra le détachement de l’objet imbriqué dans sa conception, en un temps et un lieu entre parenthèses. L’art-thérapeute, propose un dispositif, le sujet est invité à créer ce qu’il aura imaginé, avec ses mots, ses images et ses représentations de l’instant. Le sujet investit l’objet et accepte de s’en séparer parce que ce mouvement est inclus dans la relation. C’est ainsi qu’il pourra entrapercevoir peu à peu, que l’objet investi en séance masque l’objet de son désir. C’est ainsi que se rejouera en séance l’acceptation de la perte et que cela donnera accès à de nouvelles découvertes. L’existence du sujet se passe ailleurs, dans un après à inventer.

Pour cela, il faut considérer que la fonction de l’art-thérapeute est marquée par le deuil, l’art-thérapeute devra travailler à accepter de renoncer.
Il aura à renoncer à toute valorisation de l’objet.
Il aura à renoncer à toute valorisation de lui-même, il devra séparer sa fonction de sa personne.
Il aura à faire le deuil d’un savoir pour l’autre.
Il devra penser à la fin de la relation art-thérapeutique.

 

Références :

RACAMIER Paul-Claude – Le génie des origines – Bibliothèque scientifique Payot – 1992.
ROYOL Jean-Pierre – Art-thérapie – Au fil de l’éphémère – Dorval Éditions 2013.