Lacan c’est qui ? Un huluberlu ?

Lacan n’est pas mort,
la création est un moyen de parvenir à l’immortalité symbolique, l’existence de Lacan se prolonge dans son oeuvre.
La pensée de Lacan est celle d’un « homme de divan », elle est construite sur son expérience. Il est bien dommage que la petite histoire ne retienne que ses frasques et autres traits peu communs, ces petits riens ( sa singularité) cachent l’essentiel.
Il a traduit l’essence de son travail dans des mathèmes et son langage est aussi très énigmatique, ses effets de style et de sens foisonnent, il est vrai de dire que ses propos sont difficiles d’accès. Pour le comprendre, il faut travailler, le lire et le relire, s’accrocher, ne pas perdre espoir, un jour, on commence à assimiler cette langue étrange.
La pensée lacanienne issue de la pratique de l’analyse et de la confrontation avec l’inconscient est révolutionnaire.
Dans son travail sur le stade du miroir, il aborde la construction de l’image de soi, le narcissisme et la naissance du moi. L’autre fait pour nous fonction de miroir, c’est grâce à lui que nous pouvons nous reconnaître. Ainsi, le sentiment de soi provient du dehors, et pour cette raison, l’individu est prisonnier de l’image de l’autre.
« L’inconscient est structuré comme un langage », le langage à un rôle capital dans la pensée lacanienne, il véhicule les demandes et les désirs. L’inconscient est l’ordre d’un savoir que le sujet véhicule mais qu’il ignore. Lacan dira que l’inconscient est « ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c’est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée le plus souvent déjà elle est écrite ailleurs ». À savoir dans le symptôme qui « montre la structure d’un langage et se déchiffre comme une inscription, qui, une fois recueillie, peut, sans perte grave, être détruite » ; dans les souvenirs d’enfance ; dans le vocabulaire qui nous est particulier ; dans les traditions qui véhiculent notre histoire… (Lacan – Fonction et champ du langage et de la parole en psychanalyse – texte présenté au congrès de Rome en 1953.)
Lacan représente ses concepts en jonglant avec les lettres. RSI pour les trois instances Réel, Symbolique et Imaginaire. Le Réel est défini comme l’impossible, il concerne les pulsions qui ne cessent d’insister pour se manifester. Le Symbolique, c’est la loi, le langage ce qui lie les êtres, ce qui fait qu’un nouveau-né s’inscrit d’emblée au sein d’une lignée. L’Imaginaire renvoie au moi, aux images de soi et de l’autre, l’image de l’autre nous sert de reflet où le moi se perçoit authentifié par la parole de l’autre. L’Imaginaire exclue le manque, il est sollicité dès qu’il s’agit d’éviter la confrontation au manque. RSI sont noués dans le psychisme et pour nous donner une évocation limpide, Lacan utilise le noeud borroméen.
A pour le grand Autre, défini comme le lieu de la parole, la matrice de tout désir. Quand le grand Autre prend corps, pour l’enfant, c’est la mère, c’est d’elle qu’il entend les premiers mots, c’est grâce à elle qu’il accède au statut de sujet désirant. L’Autre est celui dont je ne sais pas s’il me trompe ou s’il dit la vérité, je tente de répondre à ce que je suppose être sa demande, son désir est une énigme. L’Autre ne peut pas tout savoir, tout dire, tout avoir, alors Lacan mets une barre sur le Ⱥ. L’Autre est barré s’il est affecté d’un inconscient, le désir de l’Autre que j’interroge est à lui même inconscient.
Le sujet S peut aussi être barré $ : il y a du manque à être, l’individu vit dans l’incomplétude.
L’objet a figure l’objet perdu, la cause de tout désir, il est le manque fait objet, il ne peut pas avoir d’image spéculaire. L’objet a est cette chose insaisissable qui pousse en avant le sujet dans sa quête.

Jacques Lacan
Jacques Lacan

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